Sans commencement ni fin, Stéphane Charpentier se livre à ce geste obsédant qu’est de photographier.
Et qu’importe où il se trouve, ce qu’il fait. Car l’essentiel est d’arracher aux choses leur voile
d’incertitude. Comme si la somme des apparences ne donnait du réel qu’une vision parcellaire et
toujours indéfinie. Toujours vibrante, vivante. Ces images ne dévoilent pas un autre monde, il s’agit
bien du nôtre, mais le photographe, avec une émouvante sincérité, tâche d’en relever ses blessures
et ses déchirements.

Tentative exacerbée de faire coexister sur un plan photographique, le réel et son double, comme
vouloirfaire entrer le jour dans la nuit. Avec un mélange d´énergie, de ténacité, et une mélancolie
qu’il a réussi à transformer en une pure nervosité réceptive, Stéphane capte les figures d´un monde
sur le point de se fissurer. Et dans la chair des images, ces motifs s´agrègent les uns aux autres
et nourrissent une série ouverte, toujours vivante, vibrante.

Et quoi de neuf, aujourd’hui, entre le soleil et l’ombre ? Il y a « le problème de type grec », comme
disait Jean-Luc Godard, et ces virées récentes du photographe à Athènes d´où il rapporte des sacs
de pellicules consommées sur place, et de nombreuses heures d’images vidéo filmées dans la réalité
qui ne tourne pas rond.

Amaury Da Cunha



Stéphane Charpentier research has no beginning and no end. He is engaged in the haunting gesture
that is photography, which goal is to extract the veil of uncertainty from things and to dialogue
with his own understandings. As if the sum of appearances would show of the reality only a fragmented
and vague vision. Forever vibrant, alive. An extreme attempt to capture human kind conditions
in the current issues of our times, and to match from a photographic point of view, real life with
its double. As if hoping to turn night into day.

(translation from a text by Amaury Da Cunha)




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